Pour les 49 personnes restantes, la presse rapporte les explications de la gendarmerie, selon lesquelles ces Indonésiens se trouvent actuellement dans les locaux de la gendarmerie à Fiadanana. Ils ne sont pas en garde à vue. Ces personnes sont en attente de la régularisation de leur situation (avoir un passeport ou équivalent et un billet d’avion) pour quitter le territoire. Elles devraient donc se trouver en lieu de rétention. Voilà pourquoi elles restent à Fiadanana. On lit dans la presse que dans l’attente d’une solution, la brigade de recherche de Fiadanana indique prendre en charge leur alimentation. La gendarmerie estime que l’assistance aux ressortissants indonésiens relève également de la responsabilité de leur représentation diplomatique et indique attendre une implication de l’ambassade d’Indonésie à Antananarivo.
Pour ceux qui ne disposent plus de leur passeport, une procédure administrative est nécessaire auprès de leur pays d’origine. Les autorités indonésiennes évoquent la délivrance d’un SPLP (Surat Perjalanan Laksana Paspor), document de voyage permettant le retour en Indonésie. Selon les responsables malagasy, des pourparlers existent actuellement entre l’administration malagasy et les responsables au niveau de l’Ambassade indonésienne pour trouver une issue rapide à la situation.
Le Centre de protection des travailleurs migrants indonésiens (BP3MI) du Nord de Sumatra est le service qui s’occupe du dossier de rapatriement. Le chef de l’équipe de protection BP3MI du Nord de Sumatra, Enceng Supiyanto, a déclaré que chacun des 49 citoyens indonésiens est obligé de supporter individuellement le coût du retour au pays. Il explique que cette politique d’autofinancement a été mise en œuvre parce que les personnes (victimes) sont parties par des voies illégales ou non réglementaires. Ce statut leur retire automatiquement le droit à une garantie de facilité de rapatriement gratuite de la part du gouvernement. De nombreux résidents sont venus demander une aide au rapatriement et ont en même temps demandé à ce que les coûts soient pris en charge, a déclaré Enceng. Il a précisé que BP3MI ne dispose pas d’allocation de fonds pour cela.
Enceng a listé les dépenses à supporter : billet d’avion depuis Madagascar vers l’Indonésie, financer les frais administratifs pour avoir le Document de Voyage en Lieu et Passe (SPLP) en remplacement du passeport confisqué. Il évoque aussi un risque de dépassement de coûts si les autorités d’immigration de Madagascar imposent des sanctions aux permis de séjour (dépassement de séjour par exemple).
Première affaire en 30 ans
BP3MI North Sumatra a noté avoir reçu quatre plaintes officielles entre le 8 et le 10 septembre 2026, concernant 13 résidents du Nord de Sumatra. Enceng a révélé que l’affaire TPPO qui a impliqué des citoyens indonésiens à Madagascar est un phénomène nouveau.
Périple parcouru par Wulamsari
Wulamsari figure parmi les 49 ressortissants indonésiens touchés par le dossier. C’est une femme de 27 ans, divorcée avec un enfant à charge, originaire de Medan, dans le nord de l’Indonésie. Elle avait été approchée via Facebook pour travailler en Malaisie. Les médias indonésiens rapportent qu'elle a quitté l’Indonésie le 6 avril 2026, pensant rejoindre ce pays. Son voyage prend pourtant une autre direction. Après des passages par Jakarta (Indonésie), Singapour et Dubaï, elle atterri à Antananarivo. D’après les informations communiquées aux autorités indonésiennes, elle aurait alors découvert que l’activité proposée n’était pas celle qui lui avait été présentée. Son témoignage fait état d’un travail comme opératrice dans des activités de jeux d’argent en ligne et d’arnaques sur Internet. Tout comme elle, attirés par des dizaines de millions de salaires, 12 autres habitants du nord de Sumatra sont devenus des opérateurs de Judol (jeux d’argent en ligne).
Fin mot de l’histoire
Voilà les grandes lignes de cette affaire d’Indonésiens effectuant du scamming à Madagascar. On sait que pour les Chinois, concernés dans le premier dossier, ils sont repartis en Chine. La ministre de la Justice, Fanirisoa Erinaivo, assure qu’ils sont rentrés pour effectuer leur peine. Et quid des Indonésiens ? Des points d’ombre demeurent, tout comme dans le premier dossier de scamming (des Chinois) aucun responsable malgache n’a été cité (propriétaire du lieu où le délit ou crime a été commis, responsables ayant validé leurs affaires). Les Asiatiques sont donc dans la place. Signalons que la presse internationale évoque les difficultés pour pénétrer le milieu asiatique notamment chinois. Mais la question qui taraude : où sont les responsables malagasy dans cette histoire ?
Différentes sources dont :