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Economie

Importation de riz et information

Rasolo | 15 SEP 2026
800000 tonnes. Voilà le chiffre qui écarquille les yeux de certains responsables. On apprend que l’Agence nationale de la mesure des résultats et de l’analyse des politiques publiques (ANMCC) a ouvert, fin août, une enquête de sauvegarde sur certaines catégories de riz importé dans la Grande Ile. La procédure qui a été signalée à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) début septembre, couvre le riz décortiqué, le riz semi-blanchi ou blanchi (poli ou glacé) ainsi que le riz en brisures.

Pourquoi cette enquête ? Le chiffre détonne par rapport aux chiffres de 2021 et 2023. Pour ces années, l’importation de riz se trouvait sous les 500000 tonnes et même en-deçà des 300000 tonnes en 2024. Pourquoi cette énorme différence ? Que faire ?

Que faire ?

Ces chiffres nous indiquent qu’il y a un triplement du volume d’importation de riz entre 2024 et 2025 : en une année.

Pour freiner cette frénésie des importateurs, le Ministère de l’Economie et des Finances a inséré dans la Loi de Finances Rectificative 2026 le rétablissement d’une taxation de 20% sur certaines catégories de riz importé, complétée par une TVA de 5%. Cette mesure visait en particulier le riz de qualité supérieure. Cette mesure devait rendre la production locale plus compétitive. Mais voilà que le Conseil des ministres, du 19 août 2026, décide de suspendre temporairement ces droits de douane et les taxes sur l’importation de riz. Pour expliquer cette décision, le gouvernement explique que cette décision vise à pallier l’insuffisance de la production nationale. Et les grands mots sont utilisés pour expliquer cette décision : il s’agit d’assurer la ‘souveraineté alimentaire…’. Quid de cette souveraineté alimentaire ? Pour compliquer ce qui est déjà difficile à comprendre voilà que le gouvernement japonais décide d’aider Madagascar en important du riz. Le gouvernement assurera la vente de ce riz importé d’une valeur de 300 millions de yens ou 8 milliards d’ariary. Il est dit que cette somme sera reversée pour assurer le développement socio-économique. Ce don est non remboursable.

Pour rassurer tout le monde, notamment producteurs et consommateurs, La ministre du Commerce et de la Consommation, Haingotiana Andriamadison, précise que les dispositions destinées à prévenir les importations excessives restent maintenues. Parmi ces dispositions, les opérateurs professionnels souhaitant importer du riz doivent obligatoirement communiquer à l’avance leurs prévisions au Ministère du Commerce. L’administration examine ensuite les demandes et peut les approuver, mais aussi limiter les quantités envisagées, si nécessaire. Ce dispositif doit permettre d’éviter une importation désordonnée ou trop importante, susceptible de perturber le marché local.

Ruer dans les brancards

Malgré ces précisions de l’Exécutif, deux parlementaires ruent dans les brancards. Il s’agit de Razara Pierre Fidel, plus connu sous le surnom de Del Kely, et Rajerison Antoine. Razara Pierre est le député élu à Ambatondrazaka (grenier à riz de Madagascar) et producteur lui-même. Rajerison Antoine est élu à Arivonimamo, agronome de formation, et élu dans un autre endroit producteur de riz de qualité. Pour Razara Pierre, le stock de riz actuel permet de faire face à la période de soudure. Il ne comprend donc pas la décision précipitée de l’Exécutif. Il martèle depuis des mois que la hausse de l’importation de riz est synonyme de rapatriement de devises acquises avec les différents trafics (or…). Il rappelle aussi dans ses émissions quotidiennes, que la période préélectorale a toujours été propice à une forte augmentation de l’importation de riz. Le riz importé ainsi est utilisé durant les campagnes électorales. Il suffit pour cela de re-défiler les images de ces distributions de riz effectuées par le président Rajoelina à travers le pays. Mais malgré leur notoriété, ces deux députés ne font pas le poids devant les importateurs. (Qui sont-ils ?...)

Voilà donc des explications sur cette hausse brutale du volume de riz importé en 2025. Et, il faut s’attendre encore à une importante importation de riz pour cette année 2026 en prévision des élections futures. Ces chiffres indiquent que changer les gouvernants ne signifient pas une refondation dans les pratiques. C’est la pratique habituelle du « déshabiller Pierre pour habiller Paul »  ou « Kotozafy ihany no Lekisisy » comme disent les gens.





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