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3 mai 2026

La paix des braves

photo auteur La Rédaction | 04 MAI 2026
A Madagascar, nous avons le sens de la formule et, surtout, le goût du timing. Alors que le monde s’apprête à célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse 2026 (le 3 mai prochain), sous le thème lyrique « Façonner un avenir en paix », on ne peut qu’admirer la créativité locale pour interpréter ce programme. Chez nous, la « paix » semble s’obtenir par consensus assez particulier : celui du silence acheté ou du bruit savamment orchestré.

Certes, le paysage médiatique a mué. On nous siffle aux oreilles que le temps de la presse muselée à l’ancienne est révolu. Place à la « refondation » ! Mais grattez un peu le vernis frais des titres de presse, et vous retrouverez les mêmes visages familiers. Les patrons de presse restent ces éternels hybrides, mi-hommes d’affaires, mi-acteurs politiques, jonglant avec les lignes éditoriales comme d’autres avec des portefeuilles ministériels. La neutralité ? Une notion romantique, sans doute laissée au fond d’un tiroir de l’université. Ici, l’information ne se traite pas, elle se « déploie » au service d’un agenda.

Mais le vrai génie de 2026 ne réside plus dans les colonnes des journaux papier, que l’on finit par utiliser pour autre chose que la lecture. Le véritable champ de bataille, c’est l’écran de nos smartphones. Sur les réseaux sociaux, la liberté de parole est totale, disent-ils. Soit. C’est surtout la liberté de se perdre dans un brouillard de certitudes frelatées.

Le plus délicieux dans cette tragi-comédie reste le témoignage de ce responsable de communication d’une institution, « invité » (avec toute la courtoisie hiérarchique que l’on imagine) à gérer une armée de faux comptes. On n’écrit plus des communiqués, on cultive des fermes à trolls. Pour « façonner un avenir en paix », quoi de mieux que de créer numériquement une opinion publique qui applaudit en cadence ?

La manipulation est devenue un art majeur, pratiqué avec une dextérité égale par les tenants du pouvoir et leurs détracteurs. Les mots sont pesé, les sentiments sont triturés, et le vrai finit par ressembler au faux comme deux gouttes d’eau. On ne cherche plus à informer, mais à saturer l’espace mental. Attention, danger !

Alors, au milieu de ce capharnaüm où les algorithmes dictent la vérité et où les « journalistes » de circonstance se muent en agent d’influence, que reste-t-il de la déontologie ? Elle semble être devenue ce luxe encombrant, une vieille relique que l’on ressort pour les colloques internationaux avant de la ranger prestement « dans la vraie vie ».

Si « façonner un avenir en paix » signifie transformer le débat public en un champ de mines numériques et de mercenariat intellectuel, alors félicitations : nous sommes en avance sur notre temps. Pour ceux qui croient encore qu’un fait est sacré et qu’un compte Facebook n’est pas une preuve d’existence, la route vers la refondation s’annonce encore bien longue.

En attendant, joyeuse fête de la liberté de la presse. Et n’oubliez pas de vérifier si votre voisin de palier est un vrai citoyen ou simplement le projet d'après-midi d'un stagiaire en communication politique.

En attendant, joyeuse fête de la liberté de la presse. Nous autres chez Lakroa, nous avons choisi cette date pour basculer d’hebdomadaire à mensuel ! Un changement qui s’accompagnera d’une ouverture plus accentuée sur le numérique. Un moment de « re-naissance » avec ce que nous avons baptisé LAKROA MEDIA, qui utilisera tous les moyens de communication (site web, webtv, webradio, podcast, réseaux sociaux…) pour être plus près de vous. 





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