Le prédateur heureux ? Il s’agit de Maminiaina Ravatomanga. Il est retenu à Maurice depuis l’atterrissage de son jet privé dans la nuit du 11 au 12 octobre 2025. Devant son incarcération effective ou fictive, de nombreuses personnes à Madagascar ressentent un bonheur immense et réel. ‘Qu’importe que son incarcération soit temporaire ou éphémère, au moins qu’il ressente la peur des gens qu’il a emprisonnés à tort ou à raison’ déclare un facebookeur. Le bonheur de ces citoyens lambda est égal à la détresse du grand milliardaire qu’on trimballe comme un ballot de fripe du marché d’Isotry au marché d’Andravoahangy, et à Maurice, d’hôpital en hôpital, comme lieu de détention et vers la prison de Melrose comme destination finale.
Durant le mois de novembre 2025, les photos du milliardaire génèrent de la pitié. Il a beau caché son profil avec sa casquette de grande marque, sa souffrance transparait toujours. Sa maigreur est de plus en plus visible. Ses tempes grisonnantes témoignent de l’absence de soin capillaire. Il est visible que son barbier attitré n’est plus là. Ces photos contrastent avec celle du puissant homme qui, d’un simple claquement de doigts, fait la pluie et le beau temps. Ceux qui le côtoient savent qu’il suffit qu’il cligne des yeux et tourne la tête pour signifier la fin de parcours d’une personne (salarié ou partenaire économique). Il appartient ensuite au service juridique de faire le reste : dépôt d’une plainte et de nouvelles plaintes se succèdent. Qu’importe le motif. Du procureur au juge d’instruction en passant par les enquêteurs, la machine judiciaire à broyer fera le reste.
Se taire ou se terre…
La victime sait à quoi s’attendre. Que faire ? Se taire ou se terre ? Se taire et subir en suivant sans broncher la procédure imposée par cet homme au cœur de pierre (comme son nom le laisse penser) et à la voix mielleuse. Oui, sa méchanceté contraste avec cette voix doucereuse. Se taire signifie qu’il s’agit d’accepter d’aller devant le tribunal et dépenser le moins d’argent possible. Il est inutile de prendre un avocat. Une dépense vaine. Dans une justice biaisée, tout est écrit d’avance. La sentence est connue d’avance : emprisonnement. Seule la durée reste inconnue.
Se terre ? Oui, cette solution est envisageable. Le parcours suivi par de nombreuses personnes témoigne de ce choix. Se terrer ici dans le pays ou se terrer ailleurs en s’exilant. Un choix difficile. Il s’agit de se cacher. Se cacher et changer de vie, d’aspect physique et d’activité professionnelle. De nombreuses oreilles ont entendu le PDG au cœur de pierre dire souvent à un employé : ‘potehiko ny fiainanao’. Il aime dire cela à haute voix en guise d’avertissement pour les autres. Voilà pourquoi, d’anciens employés de son conglomérat n’arrive pas à trouver un emploi. Parce que le PDG a fait passer le message aux autres chefs d’entreprise… Se terrer et fuir à l’étranger est une autre piste. Une piste pour une personne solitaire. Celui qui opte pour cette voie sait qu’il ira seul comme Lucky Luke en abandonnant famille.
Trois volets à voir
Voilà deux types de balade qu’impose le prédateur heureux. Mais la roue finit par tourner. Depuis onze mois (octobre 2025 à aujourd’hui, septembre 2026), sa demande de remise en liberté sous caution se balade devant les instances judiciaires mauriciennes. Et en ce début de mois de septembre 2026, le dossier Ravatomanga remplit le fil d’actualité sur les réseaux sociaux. Un dossier avec trois principaux volets : volet judiciaire, volet économique, volet politique et diplomatique.
Dans la prochaine publication on parlera du dossier de remise en liberté sous caution.